Le code de la rue
Le code de la rue
Suite au bon exemple belge, les Français étudient le projet « le code de la rue », refondation du code de la route qui inverse la tendance et fait de la rue un espace urbain convivial et idéal où piétons, cyclistes et transports en commun seraient les rois du bitume.
Le code de la rue se base sur un principe tout simple : le plus fort est responsable du ou des plus faibles. Ainsi, le camion est responsable de la voiture, la voiture du vélo, le vélo du piéton, etc.
Les zones aux alentours des écoles ou des commerces sont appelées « zone de rencontre » : la circulation y est limitée à 30 km/h et la voiture n’a jamais la priorité. On peut ainsi s’improviser une petite partie de foot sur la chaussée…
Les rues en général sont dotées d’infrastructures supplémentaires qui sont là pour ralentir le trafic, tels les coussins surélévateurs de la chaussée, assez large pour qu’une voiture roule dessus mais assez étroit pour passer entre les roues des bus.
Les cyclistes peuvent emprunter les sens interdits : toutes les indications pour voitures ne sont pas forcément applicables pour la petite reine. Les pistes cyclables se développent à grande vitesse et le partage de la route avec les automobiliste est moins dangereux puisque la vitesse est limitée à 30 km/h : fini donc les accidents violents !
Le code de la rue n’a rien à voir avec un code anti-voiture. C’est un code qui rééquilibre les forces et les espaces urbains. Plutôt que d’empêcher les voitures de rouler, il s’agit de rendre compatible les différents modes de transports et de permettre au cycliste, par exemple, de se promener librement en ville, sans crainte du trafic. Si le code de la route organise tout l’espace autour de la voiture, le code de la rue le répartit entre ses différents usagers. Bien sûr, la voiture n’est pas la bienvenue en ville, puisqu’elle est le véhicule le moins adapté à cet espace.
Le code de la rue a été importé de Belgique par l’adjoint vert de Paris, Denis Baupin, chargé des transports. Il est également président des « villes cyclables ». Conscient que ce code sera une pilule difficile à avaler par le ministre de l’équipement, il ne perd pas confiance pour autant et se base sur le climat favorable (pollution, augmentation du prix du pétrole, bouchons, problèmes climatiques, etc.) pour en annoncer sa potentialité.
Le code de la rue a été adopté le 1er janvier 2004 en Belgique et fait partie intégrante du code de la route. Il modifie les règles de circulation en agglomération. Les résultats parlent d’eux-mêmes : 6% d’accidents en moins et 7% de vélos vendus en plus.
On attend avec impatience que la Suisse et les autres pays suivent l’exemple et instaurent le code de la rue dans leur code de la route…
Sources:
Libération, "rendre compatibles les modes de circulation"
Libération, "Ma vie rêvée en ville"
Libération, "6% d’accidents en moins en Belgique"
A lire également l’article du Monde et l’article d’Actu Environnement sur la nomination d’un M. Vélo, Hubert Peigné, et sur la création d’un comité du "code de la rue".

