22 000 nouveaux scooters par an

Scooter sur piste cyclable

22 000 nouveaux scooters par an

En 2005, 22 000 scooters ont été vendus à Genève. En Suisse, le nombre de ces deux-roues atteindrait 235 518 unités, alors qu’en 1990 on n’en comptait que 12 370.  Une augmentation vertigineuse et néfaste pour l’environnement quand on sait qu’un scooteur peut polluer jusqu’à 120 fois plus qu’une voiture.















Pour contourner les problèmes de mobilité urbaine, beaucoup sont ceux qui laissent leur voiture au garage et se déplacent quotidiennement en scooteur. Ca va plus vite, ça prend moins de place et, croit-on, ça pollue moins. Mais la réalité est toute autre : les scooteurs ont en général entre 2 et 3 générations de retard sur les émissions de gaz qu’ils produisent et aucune législature sérieuse n’est actuellement en place qui obligerait les scooteurs de passer par des tests anti-pollution fréquents.

Gros producteurs de particules fines, de monoxyde de carbone et d’hydrocarbure imbrulés (qui sont cancérigènes !), ces deux-roues sont également source d’autres problèmes. Un scooteur émet en moyenne 90 décibels, ce qui n’aide pas à résoudre un autre des grands problèmes des villes : le bruit.

Par ailleurs, leur nombre élevé implique d’autres conséquences néfastes sur la mobilité douce et sur le développement à long terme. Le nombre de parking deux-roues n’est en effet plus suffisant pour parquer ces engins aux sons de moulinette. Les cyclistes ne peuvent souvent plus parquer leur vélo dans les emplacements prévus à cet effet, attacher leur monture aux barres de stationnement parce que les parkings deux-roues sont pleins. On finit donc par attacher le vélo ailleurs, au risque de se le faire voler, sans avoir pu l’attacher à un endroit fixe.

Finalement, les aménagements cyclables sont plus souvent utilisés par des scootéristes plus soucieux d’arriver rapidement à destination que de respecter autrui. Leur nombre en constante augmentation sur ces voies réservées aux cyclistes rend leur utilisation dangereuse. Prévues pour que le cycliste se sente en sécurité et puisse se déplacer en voie propre, les pistes et bandes cyclables sont devenues des voies d’évitements et d’accélération pour motocycles. Et quand le cycliste ne se fait pas dépasser par un scooter sur une piste cyclable, il doit attendre derrière eux, sur la piste cyclable, au feu, le nez collé dans leurs pots d’échappements, à respirer ces cocktails cancérigènes…

Apparemment trop occupée par d’autres problèmes, la police ne peut ou plutôt ne veut pas intervenir pour amender ces fautes de circulation. Après avoir discuté récemment dans une fête de quartier avec un policier à ce sujet, nous avons compris le pourquoi du comment : la police (ou en tout cas certains policiers) voi(en)t dans le scooter une amélioration dans la mobilité urbaine et ne veut pas (trop) les amender pour les encourager à se déplacer en scooter plutôt qu’en voiture. Mais peut-être que quand ces Messieurs de la police auront compris qu’un scooter peut polluer plus qu’une voiture, qu’il est dangereux sur les pistes cyclables et nuit de manière générale à ces aménagements, ils changeront d’avis…

En attendant le nombre de scootéristes augmente sur les voies cyclables, se construisant une sorte de légitimité propre basée sur l’égoïsme et la paresse.

Source du nombre de scooters: Le Temps

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