Les cyclistes politiques de Lausanne
Les Cyclistes politiques de Lausanne
En cinq ans d’existence, le lobby des vélos a fait entrer la petite reine sur la scène politique et dans les rues, même en pentes, de Lausanne. Les cyclistes ne comptent plus pour du beurre, selon leur lobby Cyclic. L’association sensibilise cette semaine les automobilistes à ces nouveaux utilisateurs des rues lausannoises.
MEHDI-STÉPHANE PRIN
Publié le 08 juin 2006
"«En 2001, les gens nous regardaient comme des extraterrestres quand nous évoquions les déplacements en vélos à Lausanne. Aujourd’hui, cela ne surprend plus personne de voir des petites reines en ville.» Présidente du lobby Cyclic et conseillère communale socialiste, Florence Germond, veut désormais mettre l’accent sur la sécurité de ses 730 membres en rendant attentif les automobilistes à la présence toujours plus nombreuses des vélos. Durant toute cette semaine, l’association distribue aux conducteurs des tracts de prévention et des petits beurres pour démontrer que les «cyclistes ne comptent pas pour du beurre.»
En moins de cinq ans d’existence, le lobby est devenu un acteur incontournable de la vie politique lausannoise. Souvent associé aux groupes de travail de l’administration, Cyclic peut aussi compter sur l’influence de ses nombreux membres élus communaux et cantonaux. A commencer par le conseiller d’état vert François Marthaler et le futur municipal socialiste Jean-Christophe Bourquin.
Quant au municipal des travaux Olivier Français, il multiplie les déclarations en faveur des vélos et paie régulièrement sa cotisation à Cyclic. Pas étonnant alors que tous les projets qui sortent de son dicastère incluent désormais des aménagements en faveur de la petite reine.
30 km de voies cyclables
Si en 2000, les voies réservées aux vélos atteignaient péniblement 12 km, ce chiffre dépasse désormais les 30 km. «Nous sommes passés du néant à la préhistoire», tempère Florence Germond. Pour la socialiste, Lausanne a encore du pain sur la planche pour rattraper les villes alémaniques, notamment en matière de places de parc sécurisées pour les vélos. Cela tombe bien, la ville a l’intention de doubler leur nombre pour l’arrivée du M2, fin 2008. Le nouveau métro sera aussi un remonte-pente pour bicyclettes.
Les lobbyistes de la petite reine ont réussi à convaincre les TL de ne plus ignorer leur existence. Non seulement le transporteur a diminué le prix du billet vélo l’année dernière, mais en plus il vient d’accepter de partager certaines de ses voies de bus avec les cyclistes. Si les vélos ont trouvé leur place à Lausanne, leur situation reste précaire dans les autres communes de l’agglomération. «Les pistes cyclables ont encore trop tendance à s’arrêter aux frontières communales», dénonce Valérie Schwaar, secrétaire de l’Association transports et environnement (ATE). Seule exception, Bussigny, cité comme exemple par les cyclistes".
Source: 24 heures
Photo: VALDEMAR VERISSIMO

