Alertes à l’ozone
Alertes à l’ozone
Jeudi 15 juin, les premières alertes à l’ozone ont été données un peu partout en Suisse. La valeur limte de 120 microgramme par mètre cube a en effet été dépassée dans toutes les grandes villes : 193 microgrammes à Genève, 126 à Lausanne, 174 à Neuchâtel, 175 à Sion et une pointe de 227 en Tessin.
Ces alertes sont devenues les refrains d’une chanson que l’on ne connaît que trop bien. Chaque hiver connaît ses pics de particules fines et chaque été ses pics d’ozone. Si les valeurs limites d’ozone ne devraient, en théorie, pas être dépassées pendant plus d’une heure, il en va autrement dans la pratique.
C’est dans une quasi indifférence générale que ces valeurs sont régulièrement dépassées. Les cantons ont fixé une limite de 240 microgrammes par mètre cube pour prendre des mesures restrictives strictes sur le trafic (soit le double de la limite !!!).
Et bien sûr, dès les 180 microgrammes dépassés, les autorités ont le devoir de prévenir la population avec un certain nombre de recommandations : éviter tout effort pendant la journée, ne pas passer trop de temps dans les rues, éviter de se déplacer à vélo, de faire de la course à pied ou toute activité exposée à l’air de nos rues. A nouveau, les autorités contournent le problème : au lieu d’inciter voire de forcer les pollueurs à revoir leurs déplacements quotidiens, on préfère prévenir les habitants, un peu comme si l’on était face à une catastrophe naturelle contre laquelle on ne peut rien faire.
Et le problème n’est pas anodin : l’ozone provoque irritation des muqueuses, troubles respiratoires, maux de gorge et de tête, etc. Lors de pics prolongés, la pollution entraînerait une augmentation de la mortalité. Selon le Courrier du 15 juin, « les concentrations d’ozone très élevées enregistrées pendant la canicule de 2003 ont été à l’origine de 150 à 300 décès prématurés en Suisse ».
Le phénomène est grave. Nous sommes en train de transformer nos villes en de véritables lieux de désolation où les pics d’ozone s’enchaînent avec les pics de particules fines, où il devient dangereux pour la santé de se promener et de passer du temps dehors.
Dans tout ça, la voiture n’est jamais remise en question. On n’oserait surtout pas toucher au Dieu voiture. Non surtout pas. On préfère parler de filtres à particules pour purifier les excréments du Dieu voiture, de moteurs moins sales et de technologie propres plutôt que de remettre sa toute grandeur en question. Faudra-t-il attendre un théocide pour que la ville redevienne un lieu de vie où l’on peut sortir de chez soi sans avoir peur pour sa santé ???
Sources: Le Courrier, Le Temps, Tribune de Genève, TSR

