Le port du casque dangereux ?
Le port du casque dangereux ?
Porter un casque à vélo serait-il plus dangereux que de rouler sans ? Une récente étude anglaise de l’université de Bath remet en question les idées habituelles sur l’importance du casque dans les déplacements quotidiens à vélo.
Ian Stewart, professeur de l’université de Bath en Angleterre a mis en place une expérience quelque peu inhabituelle. Ce spécialiste de la psychologie du transport et de la sécurité à vélo a roulé tous les jours, sur le même tronçon, à la même vitesse, portant les mêmes habits, muni d’une caméra et d’un détecteur de distance. La moitié du temps, il roulait avec un casque et l’autre moitié il roulait sans. Après s’être fait dépassé par 2500 véhicules il a pu tirer des conclusions plus que surprenantes : quand il portait un casque, les automobilistes s’approchaient plus près de lui (de 9 cm en moyenne). Il a même eu deux accrochages mineurs avec un camion et un bus lorsqu’il portait un casque.
Selon Ian Stewart, les automobilistes voient les cyclistes casqués comme des gens «plus sérieux et moins susceptible de faire de mouvements brusques». Ainsi, l’automobiliste dans sa confiance aussi absurde qu’inconsciente prend plus de risque quand un cycliste est casqué parce qu’il voit ce dernier comme plus sérieux. Et là réside tout l’absurde de cette situation puisqu’un cycliste casqué l’est pour différentes raisons et le port du casque ne peut en aucun cas être un signe externe du sérieux du cycliste. Ainsi, la distance de dépassement laissée par l’automobiliste dépend donc de l’apparence du cycliste et de la façon dont l’automobiliste perçoit cette apparence.
Bref, réflexe inconscient qui pousse l’automobiliste à prendre plus de risque parce qu’il voit un deux-roues plus ou mieux protégé. Réflexe inconscient qui laisse plus ou moins de marge au cycliste pour jongler avec les éléments urbains : bouche d’égout, irrégularité de l’asphalte, trou, etc.
Se basant toujours sur le même principe, Ian Stewart s’est également déguisé en femme, en portant une perruque féminine, et a remarqué qu’on lui laissait 14 cm d’espace en plus en moyenne.
Bien sûr, ces résultats sont à prendre avec les précautions habituelles. Plutôt que d’encourager les gens à se défaire de leur casque, il faudrait plutôt sensibiliser les automobilistes sur leurs réflexes inconscients et dangereux, voire meurtriers. Un cours obligatoire de conduite à vélo en ville serait également une bonne idée. Imposé à tous les conducteurs, il les obligerait à se rendre compte du quotidien des cyclistes et de l’importance d’avoir une bulle vitale avec un espace minimal qui entoure le vélo.
Bien que le casque semble encourager les automobilistes à une certaine promiscuité, ce dernier reste la meilleure solution contre les traumatismes crâniens causés par des chutes. La Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ) a observé une diminution de 40% des traumatismes crâniens depuis que les jeunes se protègent la tête.
Dr Ian Stewart conclue son étude en assurant qu’il ne veut pas que ces résultats débouchent sur une diminution du port du casque. Il veut au contraire qu’une prise de conscience générale soit faite…
Sources :
