Un péage urbain à Genève?
Péage
urbain à Genève?
Ces
jours-ci dans la presse romande est question d'un péage urbain à Genève. Suite
à une proposition de Patrice Mugny, le conseil administratif de la ville a
décidé de se donner quelques mois pour étudier sérieusement l'idée, en vue peut-être
de lancer un projet test dans nos rues.
Les
critiques vont dans tous les sens, remettant en cause la faisabilité du projet.
On parle bien sûr du coût énorme engendré par la mise en place du péage urbain,
on avance que cela se ferait au détriment des plus pauvres, ceux-là même qui
n'auraient pas les ressources financières pour
aller en ville en voiture (sont-ils aussi trop pauvres pour y aller en
vélo ou en transports publics), on dit que Genève est trop petite et pas assez
étendue pour y voir un tel projet ou alors on suggère qu'il vaudrait mieux
développer les transports publics et autres alternatives à la voiture.
A gauche
comme à droite, chez les écolos comme chez les libéraux on est assez partagé
sur la question, peut-être parce que celle-ci dérange…
Peut-être
que le péage urbain, dans la forme qu'on lui connaît actuellement, n'est pas la
solution la plus appropriée aux problèmes de circulation ! Finalement là
n'est pas tellement la question.
Ces débats,
s'ils sont intéressants parce qu'ils remettent en cause la place de la voiture
au centre-ville, restent quelque peu stériles… quand on parle de coût du péage,
on oublie de parler des coûts de la voiture pour la société : « le
trafic routier cause des frais non couverts (accidents, santé, pertes
économiques) de 5,3milliards de francs par an. Sans compter les embouteillages
(1milliard) »[1]. On oublie de parler de
tous ceux qui souffrent quotidiennement de la voiture, au niveau de la
pollution sonore, visuelle et gazeuse.
A nouveau, c'est l'occasion d'affirmer que la voiture
individuelle n'a pas sa place au centre-ville : en effet, il faut
développer les transports modaux, en effet il faut trouver une solution
équivalente pour tous et qui ne rend pas indifférents les plus riches.
En attendant qu'une telle utopie prenne place dans nos
villes, nous ne pouvons qu'encourager les autorités à approfondir leur
réflexion sur la diminution voire même sur la suppression de la voiture en
ville.
Et qu'il n'en déplaise à Guy Zwahlen, président de la
section genevoise du TCS : ce ne serait pas nécessairement un retour au
« Moyen-âge »… au Moyen-âge, nous y sommes déjà ou de nouveau, avec la
violence urbaine quotidienne et la pollution en plus.
[1] Le Courrier, 21 février 2008

