Communiqué de presse: mercredi 20 octobre 2010

Et voilà le communiqué qui a été adressé à la presse et à M. Maudet...

« Cycloterrorisme » ?

Trois associations genevoises en faveur de la mobilité douce répliquent et proposent leurs solutions.

Dans un climat de plus en plus tendu sur les routes genevoises, les cyclistes subissent depuis plusieurs semaines une vague de stigmatisation et de dénigrement, allant jusqu’à devenir les bouc-émissaires des problèmes de sécurité routière. Dans cette période de grands chantiers, alors que la cohabitation est de plus en plus difficile avec un trafic automobile très dense et qu’une vaste opération de répression lancée par les autorités municipales s’achève, les associations en faveur du vélo et de la mobilité douce ont proposé leurs solutions à la presse cet après-midi.

Stigmatisation et agressivité croissantes

« Nous traversons une période très tendue sur les routes, et les cyclistes genevois sont en train de devenir les bouc-émissaires des problèmes de circulation à Genève, avec des termes parfois excessifs. Ce discours a généré un regain d’agressivité de la part des automobilistes. » affirme Eric Vanoncini, président de Roue Libre. Lisa Mazzone, coordinatrice de PRO VELO Genève, confirme : « Nous avons reçu plusieurs témoignages de membres qui se sont fait agresser physiquement et verbalement par d’autres usagers de la route. »

Thibault Schneeberger, co-secrétaire d’actif-trafiC renchérit : « Nous reconnaissons qu’il y a un problème : nous avons constaté un vrai ras-le-bol de la part de piétons qui se sentent envahis par les cyclistes sur les trottoirs, et de nombreux cyclistes commettent des entorses au code de la route. Mais aucun cycliste ne fait cela par pur plaisir : lorsqu’on est en danger sur la route, on se réfugie là où l’on peut être en sécurité, et on prend de l’avance pour éviter d’être dans les flux d’automobiles. »

Pour les associations, l’opération de répression menée par les autorités municipales ne résoudra rien à long terme. Les cyclistes sont très vulnérables puisqu’ils sont les seuls usagers sans moteur à circuler sur les routes avec les voitures et les camions. Il est donc grand temps de mettre en œuvre de vraies solutions pour assurer leur sécurité.

Point de rupture atteint : aménagements cyclables urgents !

« Le vélo doit être une solution pour se déplacer au quotidien, avec une certaine fluidité. Afin que cela soit possible, la ville doit se transformer. » Lisa Mazzone, de PRO VELO Genève, propose plusieurs aménagements qui amélioreraient la situation : « créer des sas vélos aux feux, ou donner l’autorisation de tourner à droite au feu rouge pour autant qu’il y ait un aménagement cyclable comme c’est le cas depuis peu à Paris, ou encore développer les feux spécifiques aux vélos. »

L’initiative « pour la mobilité douce » : 1m50 pour rouler sans mourir

Thibault Schneeberger, d’actif-trafiC : « Nous sommes arrivés à un point de rupture au niveau des transports et l’heure des choix à sonné. Notre initiative (IN144) pour la mobilité douce (qui demande des pistes cyclables directes, continues et sécurisées pour toutes les routes primaires et secondaires) devient indispensable. L’urgence est d’autant plus grande que la mise en place du réseau de vélos en libre-service va jeter 1200 cyclistes néophytes sur nos routes. Il en va de la responsabilité de l’Etat de créer des aménagements sécurisés pour rendre le vélo accessible à tous. Nous demandons juste 1m50 pour rouler sans mourir. »

Le code de la rue : pour repenser la place de l’automobile

Alors que la ville est aménagée par et pour l’automobile, les autres usagers de l’espace public n’ont trop souvent plus que quelques mètres carrés à se répartir entre eux. « Il devient nécessaire de mettre en place un code de la rue qui donne la priorité aux usagers les plus faibles et qui repense la ville comme un lieu convivial. » Eric Vanoncini, de Roue Libre, conclut : « Il aura fallu brûler des hérétiques pendant des siècles pour que l’humanité réalise enfin que la terre n’est pas au centre du système solaire. De même, il devient urgent de réaliser que ce n’est pas la voiture qui devrait être centre de la ville, mais bien l’humain ».

Votre commentaire

*