Contre l’immobilisme!

Mauvaise surprise ce matin: je trouve dans mon courrier un tous-ménages de propagande écœurante contre l’initiative 144 pour la mobilité douce. Des mensonges tellement énormes qu’il faudrait être bien naïf pour tomber dans le panneau. Dans cette guerre des transports, tous les coups semblent permis, même les plus bas. Mais au delà de la polémique et de la mauvaise foi, la vraie question est la suivante: « Dans quelle ville voulez vous vivre? Voulez-vous vraiment continuer comme ça? » On ne connait que trop bien la réalité présente : pollution, bruit, bouchons, dangers, incivilités… Voter NON à cette initiative ne fera assurément que prolonger le statu quo !

Aux 7 mensonges des immobilistes, on peut répondre ces 7 vérités sur ce qui va réellement arriver en cas de NON:

- faute d’alternative, l’augmentation du trafic motorisé de 20% d’ici 2025 va faire de la ville un grand bouchon au quotidien, avec à la clef :

- une augmentation des conflits et des accidents de la route

- une aggravation des problèmes de santé publique (sédentarité, maladies cardiovasculaires et pulmonaires, accidentés…)

- une augmentation de la tension et des incivilités

Et la vérité sur les chiffres:

- 40% des déplacements se font déjà à pied, soit plus que les déplacements en voiture ! (35%)

Tout le monde à tout à gagner, y compris les adeptes de la voiture, puisque le transfert modal vers la mobilité douce (en complémentarité avec les TPG) fluidifiera le trafic. Plutôt que de s’accrocher à un modèle dépassé et pollué, projetons-nous vers l’avenir, en suivant le modèle de villes où les choses vont mieux comme Bâle, ou même Amsterdam et Copenhague ! De bons réseaux de mobilités permettent de changer la ville, et donc la vie!

 

Heureusement, des robins des bois urbains ont corrigé l’erreur sur l’affiche! Ouf, nous sommes sauvés!

 

Il convient donc de rétablir quelques vérités.

1. L’initiative donnerait la « priorité absolue » au vélo ?

FAUX !

LA VÉRITÉ : L’initiative 144 ne contient à aucun endroit la notion de priorité au vélo. L’alinéa 4 de l’article 2 dit uniquement que « La régulation des carrefours est conçue pour encourager la mobilité douce. »

Encourager signifiant installer des feux vélos ou des « sas » qui permettent aux cyclistes, pour leur sécurité, de démarrer quelques secondes avant le feu vert. L’initiative entend aussi encourager la marche. Or, fluidifier les déplacements à pied passe aussi par une meilleure synchronisation des feux piétons dans les grands carrefours.

Les initiants ne demandent en aucun cas de « prioriser » la mobilité douce sur les TPG. Les associations (et partis) qui le composent défendent les transports publics (ATE, actif-trafiC, etc.) et n’entendent évidemment pas  les prétériter, bien au contraire ! Une meilleure séparation des flux cyclistes et TPG permettra justement de réduire une cohabitation stressante et hasardeuse.


2.
50% de capacité routière en moins ?

FAUX !

LA VÉRITÉ : Une piste cyclable n’exige que 1,50 mètre (contre plus de 3 mètres pour une voie automobile). Or, il s’agit surtout de « boucher » les trous manquants du réseau cyclable actuel qui est discontinu et dangereux. L’initiative n’exige pas que cela se fasse systématiquement sur la chaussée : des aménagements en parallèle sans aucune perte de capacité routière sont possibles (passerelle sur le pont du Mt-Blanc, p.ex.). Et l’initiative prévoit aussi des exceptions (simple marquage au sol) pour les endroits problématiques !

3. Une place de parking sur 4 supprimée ?

FAUX !

LA VÉRITÉ : Le calcul des opposants à l’initiative pour arriver à ce chiffre est grotesque : ils prétendent que l’initiative cantonale pour la mobilité douce aurait un lien avec l’initiative municipale en Ville de Genève pour 200 rues piétonnes. Or, il n’en est rien !

On peut d’ailleurs faire des pistes cyclables sans supprimer de place. Par exemple, le quai Charles-Page le long de l’Arve, où une piste cyclable bi-directionnelle, continue et sécurisée, a été instaurée sans suppression aucune de places de parking.

4. Miser sur des itinéraires confortables ?

C’est exactement ce que demande l’initiative ! Sans moteur, l’itinéraire le plus confortable est le plus direct, c’est pourquoi de nombreux cyclistes souhaitent emprunter les axes principaux, qui sont de toute façon indispensables à la plupart des trajets quotidiens.

5. L’initiative des villes a été rejetée à Lucerne ?

Ces initiatives sont incomparables ! Les contre-projets aux initiatives qui ont été acceptés à Lucerne ou à Bâle sont eux-mêmes bien plus contraignants que l’initiative genevoise… car il demandent une augmentation chiffrée de la mobilité douce et des transports publics et une réduction du trafic automobile ! L’initiative genevoise, elle, est bien plus modérée puisqu’elle ne demande qu’un encouragement et une sécurisation de la mobilité piétonne et cycliste.

6. Les chantiers rendront le trafic automobile impossible ?

FAUX !

LA VÉRITÉ : Les pistes et bandes cyclables sont des aménagements légers ne demandant pas de grands travaux. Souvent, il suffira de dessiner une bande sur le sol pour compléter une piste existante. La gêne pour le trafic automobile est dès lors minime, et le délai de 8 ans (après le plan directeur) tout à fait réaliste.


7.
70% du réseau routier déjà équipé ?

Si l’on poursuivait au rythme actuel, pour terminer le réseau de pistes cyclables, cela devrait prendre plus de 30 ans ! Or, chaque année près d’une dizaine d’usagers de la route non motorisés meurent sur nos routes. Équiper les 30% restants, revient à diminuer ces accidents et donc à sauver des vies. Avec la mise en place du vélo en libre-service en 2012, il est urgent de mieux aménager nos routes pour sécuriser ces milliers de futurs usagers du vélo et diminuer les conflits avec les autres usagers de la route.

plus d’infos:

http://www.mobilite-douce-ge.ch/

04

05 2011

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